07-86-08-97-47
contact@hggfinance.com

Taux de marge : le calcul pour les artisans (et le piège du taux de marque)

Taux de marge : le calcul pour les artisans (et le piège du taux de marque)

« Je prends 30 % de marge sur mes fournitures. » C’est une phrase que j’entends très souvent chez les artisans. Et dans la majorité des cas, ce n’est pas tout à fait vrai : la marge réelle est plus basse que ce qu’ils pensent. Non pas parce qu’ils se trompent dans leurs calculs, mais parce qu’il existe deux façons de calculer une marge, et qu’on les mélange facilement.

Dans cet article, on voit ensemble ce qu’est le taux de marge, comment le calculer, en quoi il diffère du taux de marque, et pourquoi la marge sur vos matériaux ne dit pas tout de la rentabilité de vos chantiers. Avec des exemples chiffrés, sans jargon.

Le taux de marge, c’est quoi ?

La marge, c’est ce qui reste entre le prix auquel vous revendez quelque chose et le prix auquel vous l’avez acheté. Le taux de marge, c’est cette marge exprimée en pourcentage du prix d’achat.

La formule :

Taux de marge = (prix de vente HT − prix d’achat HT) ÷ prix d’achat HT × 100

Un exemple : Julien, plombier-chauffagiste, achète un ballon d’eau chaude 800 € HT chez son fournisseur. Il le refacture 1 040 € HT à son client.

  • Sa marge : 1 040 − 800 = 240 €
  • Son taux de marge : 240 ÷ 800 = 30 %

Jusque-là, tout va bien. Julien a ajouté 30 % au prix d’achat, il a donc un taux de marge de 30 %.

Taux de marge ou taux de marque : le piège

Le taux de marque utilise la même marge, mais la compare au prix de vente et non plus au prix d’achat.

Taux de marque = (prix de vente HT − prix d’achat HT) ÷ prix de vente HT × 100

Reprenons le ballon de Julien : 240 ÷ 1 040 = 23,1 %.

Même ballon, même marge de 240 €… mais deux pourcentages différents : 30 % d’un côté, 23,1 % de l’autre. Les deux sont justes, ils ne mesurent simplement pas la même chose :

  • le taux de marge répond à la question : « Combien j’ajoute à mon prix d’achat ? »
  • le taux de marque répond à la question : « Sur ce que mon client me paie, quelle part me reste ? »

Le piège arrive quand on a un objectif en tête. Si Julien veut qu’il lui reste 30 % de ce que le client paie (taux de marque), ajouter 30 % au prix d’achat ne suffit pas. Il doit vendre son ballon :

800 ÷ (1 − 0,30) = 1 142,86 € HT, soit une marge de 342,86 € au lieu de 240 €.

Sur un seul ballon, l’écart est de près de 103 €. Sur une vingtaine de ballons dans l’année, c’est plus de 2 000 € qui manquent à l’appel, sans que Julien s’en rende compte.

Le tableau pour passer de l’un à l’autre

Pour ne plus vous tromper, voici la correspondance. Le coefficient est le chiffre par lequel vous multipliez votre prix d’achat pour obtenir votre prix de vente.

Vous voulez garder (taux de marque) Taux de marge à appliquer Coefficient
20 % 25 % × 1,25
25 % 33,3 % × 1,33
30 % 42,9 % × 1,43
35 % 53,8 % × 1,54
40 % 66,7 % × 1,67

La règle à retenir : coefficient = 1 ÷ (1 − taux de marque). Pour garder 30 % du prix de vente, on multiplie le prix d’achat par 1 ÷ 0,70, soit 1,43.

La marge sur matériaux ne paie pas vos heures

Bien calculer sa marge sur les fournitures, c’est important. Mais pour un artisan du bâtiment, ce n’est qu’une partie de l’histoire. Sur un chantier, ce que vous vendez surtout, c’est du temps : le vôtre et celui de vos salariés.

Prenons un chantier de salle de bain de Julien, vendu 9 500 € HT. Il y a pour 3 200 € HT de matériaux.

  • Ce qui reste après les matériaux : 9 500 − 3 200 = 6 300 €. Sur le papier, c’est beaucoup.
  • Mais il faut payer les heures. Marc, son compagnon, coûte 44,58 € de l’heure à l’entreprise une fois tous les frais comptés (salaire, charges, véhicule, assurances, comptable…).
  • Le chantier est prévu en 80 heures : 80 × 44,58 = 3 566,40 €.
  • Il reste 2 733,60 €, soit 28,8 % du prix du chantier.

Maintenant, imaginons que le chantier prenne 100 heures au lieu de 80 (un imprévu, une reprise, des allers-retours). Les heures coûtent 4 458 €, et il ne reste plus que 1 842 €, soit 19,4 %. La marge sur les matériaux n’a pas bougé d’un centime, et pourtant le chantier a perdu un tiers de ce qu’il devait rapporter.

C’est pour cela qu’un bon taux de marge sur les fournitures ne suffit pas : il faut aussi connaître le vrai coût de vos heures et suivre le temps passé chantier par chantier.

Quel est un « bon » taux de marge dans le bâtiment ?

C’est la question qu’on me pose le plus, et la réponse honnête est : ça dépend de votre entreprise. Les moyennes par métier qu’on trouve sur internet donnent une idée, mais elles ne tiennent compte ni de vos frais, ni de votre organisation, ni de votre façon de travailler.

Le bon taux de marge, c’est celui qui vous permet de couvrir :

  • le coût réel de vos heures (salaires, charges, et votre propre rémunération) ;
  • vos frais de structure (véhicules, local, assurances, logiciels, comptable…) ;
  • et de dégager un bénéfice pour investir, faire face à un coup dur et vous payer correctement.

Autrement dit, on ne part pas d’un pourcentage « standard » : on part de vos chiffres, et on en déduit le prix à demander.

Les questions qui reviennent souvent

Quelle est la différence entre marge brute et marge nette ?
La marge brute, c’est ce qui reste après avoir payé ce que vous avez acheté pour le chantier (matériaux, sous-traitance). La marge nette, c’est ce qui reste une fois aussi payées les heures et toutes les autres charges de l’entreprise. C’est la seconde qui compte pour savoir si vous gagnez vraiment de l’argent.

Faut-il appliquer le même coefficient sur tous les matériaux ?
Pas forcément. Beaucoup d’artisans appliquent un coefficient plus élevé sur les petites fournitures et un peu plus bas sur les gros équipements, pour rester compétitifs sur les devis importants. L’essentiel est de savoir ce que chaque choix vous rapporte réellement.

Mon comptable me donne un taux de marge dans mon bilan, c’est le même ?
Dans les documents comptables, la « marge commerciale » ne concerne que les marchandises revendues en l’état. Elle ne dit rien de la rentabilité de vos heures. C’est une information utile, mais elle arrive une fois l’année terminée, trop tard pour corriger le tir.

En résumé

  • Le taux de marge se calcule sur le prix d’achat, le taux de marque sur le prix de vente.
  • Ajouter 30 % à un prix d’achat ne laisse que 23 % du prix de vente : utilisez le tableau ou le coefficient.
  • Sur un chantier, la vraie marge se joue surtout sur les heures : connaître leur coût et suivre le temps passé fait toute la différence.

Pour aller plus loin

Calculez le vrai coût de vos heures et votre taux horaire, puis vérifiez ce que vos chantiers vous rapportent réellement, exemple chiffré à l’appui. Pour faire ces calculs sans tableur, RentaPilot s’en charge pour vous. Envie d’un regard extérieur ? Faites votre diagnostic financier offert en 8 questions.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Reprenez les commandes de vos chiffres

Commencez par le diagnostic offert, ou réservez directement un échange. On fait le point ensemble, sans engagement.

07 86 08 97 47contact@hggfinance.comAccompagnement 100 % à distance, partout en France